31 décembre 2007
Bye bye 2007
Bye bye 2007 !
En cette fin d’année, il est bon de faire le point sur ce blog que vous êtes très nombreux à parcourir depuis le mois de juin et je vous en remercie.
Votre participation a dépassé mon souhait, nul doute qu’il est possible de l’étoffer encore plus avec votre concours car, d’où vous soyez, celui-ci ne concerne pas que les « gens du Nord ».
Les recherches approfondies me permettent d’écrire que de nombreux soldats sont venus de l’ouest et du sud pour rejoindre les 73e et 273e, au fur et à mesure de l’avancée du conflit et des très nombreuses pertes qu’il a engendrées.
Je reste à votre disposition si vous souhaitez participer à la vie de ce blog qui traitera de l’année 1915 dès demain car le 1er janvier 1915, les soldats du 73e subissaient des assauts furieux au bois de la Gruerie.
Recevez mes meilleurs vœux pour l’année 2008 !

30 décembre 2007
Rassemblement articulé
Le rassemblement articulé.
"Cette formation de rassemblement prépare le régiment à exécuter une marche articulée telle que définie ci-dessous. Elle nécessite de déployer et d’échelonner les unités préalablement à son exécution.
Pour le bataillon (unité tactique de l'infanterie de ligne),
But de la marche articulée :
1- Ne pas solliciter le tir d'artillerie ennemi, rendre le réglage de tir très difficile, incertain et long par conséquent
2- Ne présenter que le minimum de monde aux coups d'où limitation des pertes et surconsommation de l'artillerie ennemie.
Procédé d'exécution pour le bataillon :
1- La marche du bataillon se fait par bonds successifs de couverts en couverts
2- L'amplitude de chaque bond varie de 600 m (mini) à 1500 m (maxi) en terrain coupé, couvert ou accidenté
3- Le bataillon marche soit en lignes successives de huit sections, les sections étant séparées par des intervalles de 150 m, soit par lignes successives de quatre sections ou exceptionnellement de quatre demi sections (intervalles sont alors portés à 300m). Le front d’un bataillon est de 1000 m)
Les lignes successives de sections, ou de demi sections sont séparées de 600m.
4- Chacune des sections ou demi sections marchent en colonne par quatre, franchit le glacis en se dirigeant droit devant elle et en conservant les intervalles et les distances.
5- A l'issue de chaque bond, la première ligne du bataillon s'arrête dans le couvert désigné, les lignes subordonnées serrent dans le couvert sur cette première ligne
6- A l'abri du couvert, suivant les nécessités du moment, la marche entamée par huit section est poursuit par quatre sections ou exceptionnellement par quatre demi sections. Inversement la marche par quatre demi sections peut passer à la marche à huit sections ou à quatre sections. (Variante : ligne de sections échelonnées par 2 sections)
7- Le bond est réglé par le chef de bataillon qui indique la formation à prendre, le couvert à atteindre, donne ou fait donner le signal de départ.
Procédé pour le régiment :
Même principe pour les bataillons. A l’issue de chaque bond le 1er bataillon s’arrête dans le couvert et serre sur sa tête et ne part pour entamer un nouveau bond que lorsque le 3ème bataillon atteindra se même couvert. Chacun des bataillons subordonnés entrerait dans le couvert, serrerait sur sa tête et chacune de ses lignes sortirait du couvert lorsque la ligne qui la précède aura gagné les 600 m voulus. Généralement une couverture est assurée par une unité assez forte lancée en avant du mouvement qui progresse selon le même principe et pousse des patrouilles devant elle.
Pourquoi les sections marchent groupées : C’est un compromis vitesse et protection. Cette progression groupée est adoptée pendant la marche sur la zone susceptible d’être battue par l’artillerie. Tout simplement elle permet facilement d’adopter la formation du bouclier (la tortue) lors de tirs de shrapnells ennemis. Cf le mode de progression, le minimum de monde est offert aux coups de l’artillerie soit une section (Rappel sur un front de 1000m, 600m séparent les lignes et les sections ont un intervalle de 150 m entre elles).
Pour un tir rapide d'emblée d’une batterie la section cible est étalée sur 40m2. Elle recevrait de 2 à 4 balles de shrapnells (en gros entre 0.2 et 0.4 au m2). En formant le bouclier couché, la surface offerte n’est plus que de 20m2 soit 1 ou 2 balles (Les sacs des hommes arrêtent les balles dans une forte proportion).
A noter que la zone la plus propice à l’artillerie ennemie placée en général à 500 m derrière son infanterie est située entre 1300 et 1800 m. Pour l’infanterie, elle tire de 1300 à 800 m mais est encore peu efficace. Un déploiement prématuré des sections attaquantes sur un rang (front de 50 à 60m par section) serait plus vulnérable aux feux d’artillerie et d’infanterie. Ce déploiement dépend uniquement du degré d’efficacité des feux d’infanterie adverses (premières pertes).
Les chefs de section sur le front de marche sans se régler aux autres adoptent la formation de marche imposée par la nécessité du moment. L’ordre d’ouvrir le premier feu est donné le plus tard possible. Les sections arrêtées préparent leur bond par le feux ou appuient les autres sections. Contre l’infanterie, l’arrêt de la progression ne se fait que lorsque les pertes l’obligent. Le feu devient l’unique moyen de reprendre la progression. L’assaut proprement dit est un autre procédé qui sort de ce sujet.
Finalement on voit ici que l’on est loin de la charge irraisonnée à la baïonnette si décriée. En changeant de formation à chaque couvert (lignes de 8 sections puis ligne de 4 sections puis ligne de 2 sections échelonnées puis ligne de 4 escouades par exemple) on peut faire varier la densité de la cible offerte à l’ennemi tant en profondeur qu’en largeur. Néanmoins en lisant bien ce texte de fin 1905, on s’aperçoit que la menace « mitrailleuse » n’est pas prise en considération d’autant qu’à sa hausse de combat la zone dangereuse doit se chevaucher largement avec celle de l’artillerie).
Toutefois un front d’une section par 4 à 1000 m n’offre qu’une cible vue sous un angle de 4 à 5 millièmes, ce qui est très peu. Il faudrait tirer sur chevalet ou sur affût fixe. La cible en vaut elle la peine. Le même principe a du être employé mais les sections devaient sans doute s’égayer plus tôt ayant des pertes plus tôt. De plus l’ensemble du principe repose sur la condition qu’un appui d’artillerie est disponible pour contrebattre le plus tôt possible l’artillerie ennemie qui se dévoile et pour fixer l’infanterie. En 14 cela n’a pas toujours été le cas.
Cette manière de faire est quand même relativement complexe à exécuter. Les cadres supérieurs ont-ils eu le temps de s’en imprégner ?? Ce n’est pas certain d'autant que l'on s'aperçoit que pas mal d'unité ont été surprise en colonne de marche. Que dire des unités de réserve manquant de cohésion qui n’avaient pas du s’entraîner en conséquence".
Merci à Patrick CORBON d'avoir donné ces explications sur le fonctionnement du rassemblement articulé !
29 décembre 2007
Le bois de la Gruerie
Combats au bois de la Gruerie.
Le 73e passe donc Noël à l’est de la ferme de Piémont où il effectue des travaux d’entretien des routes et organise les abris.
Le 27 décembre, les 1er et 3e bataillons embarquent à St Hilaire au Temple et débarquent à Sainte-Menehould.
L’état-major et le 2e bataillon rejoignent Saint-Menehould après avoir embarqué à Cuperly. Il est alors rattaché à la 3e DI.
Le 28 décembre, le régiment arrive à la Neuville au Pont puis passe à Moiremont en direction de Vienne le Château.
Sur place, les chefs de bataillons reçoivent les ordres directement du général commandant la 6e brigade et c’est ainsi qu’ils se trouvent en 1ère ligne au bois de la Gruerie…
Ces combats seront résumés prochainement…

Aspects de Vienne le Château.
23 décembre 2007
Noël !
Noël !
Joyeuse fête de Noël à toutes et à tous, aux petits comme aux grands !

Le départ de Beaumarais
Le départ de Beaumarais.
En ce début décembre 1914, des reconnaissances permettent d’obtenir d’importants renseignements sur les positions ennemies de Craonne.
Pour ces faits les soldats Albertini et Mariotta reçoivent une citation à l’ordre de la brigade.
Les 9 et 10 décembre, le canon tonne toujours alors que la relève est annoncée dès le 11 pour un cantonnement prévu à Ventelay.
Le 12 décembre, le régiment se met en route en direction de Magneux et de Breuil sur Vesle.
Sur place, le capitaine Vidal reçoit la croix de chevalier de la légion d’honneur.
Mis en route le 16 décembre, le régiment arrive à Saponay et y cantonne.

La gare de Fère en Tardenois.
Le 18 décembre, il est dirigé vers la gare de Fère en Tardenois où il embarque à destination de Saint-Hilaire au Temple.

La gare de Saint-Hilaire au Temple.
Le 20 décembre, il se met en rassemblement articulé à la ferme du Piémont pour quelques jours.
15 décembre 2007
Historique du 73e RI chapitre 5
Historique du 73e RI chapitre 5.
L’historique du 73e relatant les combats de la Somme est disponible ici :
HISTORIQUE_du_73e_RI_chapitre_5
07 décembre 2007
Edouard Delecourt à Dinant 3e partie
Edouard DELECOURT à Dinant 3e partie.
Voici donc un nouvel extrait de son carnet daté du 16 août 1914 :
« Une section du 110e est venue prendre notre position et nous sommes retournés dans les bois d’Anhée.
Nous nous mettons à faire la soupe quand, tout à coup, un régiment de dragons passe sur la route qui traverse le bois.
L’ennemi les aperçoit et commence à faire pleuvoir les obus qui passent au-dessus des dragons et tombent dans notre direction.
Nous culbutons la soupe et on se sauve à l’abri un peu plus loin.
Tout s’est encore bien passé mais nous avons été obligés de nous mettre une grande ceinture pour la soupe.
Un instant plus tard, voilà qu’un orage éclate avec une force inouïe et dans l’espace d’une demi heure, nous sommes trempés jusqu’aux os.
Nous sommes bien mouillés quand on nous donne l’ordre d’aller nous mettre à l’abri dans la ferme. Nous avons passé la nuit dans les granges... »
03 décembre 2007
Edouard Delecourt à Dinant suite.
Edouard DELECOURT à Dinant suite.
« Remis de notre peur, nous avons été à travers bois jusqu’à une grande ferme et on s’est mis à l’abri en attendant les retardataires.
Nous étions partis par escouades, certains avaient jeté leur sac afin de courir plus vite…
Moi, j’ai tout gardé car je ne voulais pas rester sans vivres et sans linges….
Après un moment de repos, on se remit en route à la file indienne. Nous arrivons à Anhée sans encombre et là, les habitants qui étaient tous sur leur porte et qu’ils avaient entendu la canonnade, nous ont donné un peu d’alcool…
Un des mes voisins avait eu son fusil cassé dans sa main, son sac avait été traversé, lui n’a pas été blessé…
Nous sommes repartis pour le pont de Houx qui se trouvait à 2km ; nous avions un petit km à faire à terrain découvert, nous suivions un par un la route en se cachant d’arbre en arbre car les allemands étaient cachés sur une colline à notre gauche et tiraient sur nous.
Nous entendions siffler les balles à nos oreilles et dans les branches d’arbres.
Nous avons pu atteindre la ligne de chemin de fer et l’avons suivie jusque le pont de Houx.
Sans nouveau blessé, nous avons eu une rude chance.
Arrivés à l’écluse, on s’est mis aussitôt au travail à faire des tranchées pour nous abriter et nous y sommes restés toute la nuit ».
02 décembre 2007
Edouard Delecourt à Dinant
Edouard DELECOURT à Dinant.
Très prochainement, je vous présenterai Edouard DELECOURT soldat du 73e RI dès le 3 août 1914.
Voici tout d’abord, un extrait de son carnet d’impressions.
Merci à Michel Knockaert et à la famille d’Edouard de nous en faire profiter !
« Nous nous reposons jusqu’à 8h30 et je vous assure que l’on en a profité car nous tombions de sommeil.
A 9h, la 12e compagnie doit se rendre au pont de Houx, nous voilà donc partis remplir notre mission. Dans le village (Anhée), nos camarades nous souhaitent bonne chance.
On se dirige vers notre point à occuper après avoir chargé nos fusils ; à notre droite, des obus éclatent dans la forêt.
On pressentait être assez près de l’ennemi, nous étions dans un chemin un peu plus haut que les champs, toute la compagnie en colonne par quatre quand, tout à coup, nous entendons un sifflement dans l’air et un obus éclate à trente pas à droite.
Toute la compagnie se jette à plat ventre par terre et voilà qu’un deuxième obus passe au-dessus de nous et tombe à 10m. Aussitôt éclaté, on se relève en vitesse, mais impossible de se disperser à cause des clôtures de chaque côté. Le bois étant à 1km, nous partons en vitesse mais tous les trente pas, on était obligé de se jeter à terre….
A l’abri dans la forêt, nous avions reçu 15 à 20 obus, nous avons fait l’appel, il manquait une quinzaine d’hommes dont quatre tués. Nous n’avions pas pu porter secours aux camarades blessés, ni regardé si c’était nos amis.
Je vous assure que nous avons eu un bon baptême du feu. Je me souviendrai toujours de cette journée du 15 août ».










