Le 73e en novembre 1918

Alors que le 2e bataillon se trouve déjà à Seboncourt, c’est le 4 novembre que les 1er et 3e bataillons et de la CHR viennent y cantonner brièvement pour rejoindre Mennevret et Blocus au sud du Cateau.

L’ensemble doit être prêt à intervenir rapidement après le canal de la Sambre, le matériel encombrant restant sur place afin de faciliter le déplacement.

Le départ est fixé à minuit pour franchir le canal et la ligne des chasseurs à pied.

Le 5 novembre à 6h50, le 73e est passé sans que l’artillerie ennemie se soit manifestée !

L’objectif : atteindre Eppes-Sauvage en passant à Bergues, Barzy, Beaurepaire, la Rouge Croix, Cantraine et Rainsars.

A la gauche du 73 se trouve une division anglaise et à droite, le 3e tirailleurs.

Le 2e bataillon du commandant Anduze atteint Etreux à 11h30.

Le 1er bataillon du commandant Larbey arrive à hauteur du 2e mais les anglais sont en retard et les mitrailleuses ennemies empêchent de progresser vers Barzy.

Quant au 3e bataillon, il reste un peu en arrière.

A 9h45, le bombardement se fait intense notamment aux abords du canal tandis qu’à Bergues, des civils retrouvent la liberté après tant d’années de misère…

A l’aube du 6 novembre, notre artillerie tire vers les mitrailleuses, Barzy doit tomber !

Ce qui est fait à 5h30 !

A 11h, le 2e bataillon arrive à Beaurepaire rejoint par le 1er alors que le 3e est toujours en réserve.

Le 7 novembre, la poursuite reprend à 6h30, les bataillons sont espacés d’environ 500m.

Le 2e est toujours en tête et se forme en losange, il avance rapidement, à 11h30, il est à la Rouge Croix.

Le terrain vallonné facilite la progression, Warpont est nettoyé, deux compagnies arrivent à l’Arbroye.

Le 8 novembre, les compagnies sont bloquées par les mitrailleuses qui défendent le lieu, l’artillerie est appelée à 13h et une heure plus tard la progression reprend vers Roteleux où plusieurs allemands gisent sur le terrain.

A 17h00, le 2e bataillon arrive à Cantraine et laisse sa place au 1er et au 3e pour passer en réserve le 9 novembre.

A 8h30, le 1er arrive à 500m de Trie Mayens à l’est de Rainsars, à 10h00 il est à la Rue la Haut au sud-est de Sains du Nord, le 3e bataillon est échelonné vers le Défriché situé près de la forêt.

Le 10 novembre, le 1er bataillon se trouve dans la forêt, le 3e en soutien, a une compagnie sur la crête au nord de la route Dorothée dans le bois de la Fagne.

Le 11 novembre, le 73 passe à son tour en soutien, à 7h15, il arrive au carrefour St-Hermann en pleine forêt de Trélon.

A 8h20, l’ordre de cesser les hostilités est indiqué pour 11h00 !

C’est justement à 11h00 que le 1er bataillon arrive à Eppes-Sauvage, les autres se trouvent au sud-est et présentent les armes.

Ils rejoignent Montbliart à 17h00.

La guerre est terminée, le 73e s’est distingué de fort belle façon mais les pertes sont très lourdes avec au moins 1260 tués, 4760 blessés, 3500 disparus …

Ne seront jamais comptabilisés ceux décédés après l’armistice de folie, de maladie, de blessures, de suicides et des gaz…

Ne sera jamais comptabilisée non plus, la grande souffrance de tous ces soldats, sous-officiers et officiers dans des conditions de vie extrêmes par la pluie, la boue, l’eau, le vent, la neige, le froid, l’attente, l’attaque, la peur de mourir, le moral, le soutien.

Quelle vie après pour les grands blessés, les aveugles, les mutilés, les familles, les veuves, les orphelins ?

Afin que nul n’oublie ce qu’ils ont enduré !