Sergent Joseph Roan

 

Voici aujourd'hui un parcours de guerre digne d’éloges : celui de Joseph Roan !

De la classe 1913, Joseph rejoint la caserne la Feuillade à Béthune le 28 novembre 1913.

Durant son service, la guerre est déclarée, il embarque donc le 5 août 1914 en direction d’Hirson et fait la campagne de 1914 dans la 9e compagnie : Dinant, Guise, Esternay, Beaumarais et la Gruerie en Argonne.

Nommé caporal le 10 février 1915 en plein combat à Mesnil les Hurlus, le voici ensuite en Woëvre dans le secteur du bois la Dame/Braquis.

Nombre de ses camarades sont déjà tombés ; il est dirigé vers le bois d’Ailly déjà tristement célèbre tant les attaques successives ennemies y sont très violentes.

De retour dans l’Aisne, il est nommé sergent.

 

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26 Février 1916, c’est Verdun ! Joseph se trouve dans le ravin de Froideterre, secteur de Douaumont, sous un effroyable et continuel bombardement !

En avril, le voici dans le secteur de Moussy-Verneuil puis il part pour une période d’instruction.

C’est peut-être à ce moment qu’il devient grenadier ?

Il rejoint le camp Gressaire près d’Etinehem dans l’attente du nouvel objectif dédié au 73e : celui de prendre le village de Combles fortement organisé !

Le 26 septembre, il pénètre avec ses grenadiers dans Combles accompagné du sergent Machy ; ils sont tous deux commandés par le sous-lieutenant Pierre Fumery natif d’Aire sur la Lys.

Le combat est très violent, Joseph s’y distingue et cela lui vaut d’être cité à l’ordre de l’armée en ces termes :

« Sous-officier d’une énergie et d’une bravoure exceptionnelles. A pénétré l’un des premiers dans un bourg luttant pied à pied contre les groupes de défenseurs retranchés derrière les ruines et a abattu lui-même à coups de grenades plusieurs Allemands dont un officier qui venait de tirer un coup de fusil, heureusement sans le toucher, sur l’officier commandant la reconnaissance ».

1917 : Joseph prend part aux combats de l’Aisne, secteur de Craonne, à l’offensive des Flandres, secteur de Steenstraet, Bixchoote.

1918 : de retour sur l’Aisne, il mène combat dans le secteur de Dommiers-Missy aux Bois et c’est le 17 juin qu’il reçoit une seconde citation à l’ordre de l’armée en ces termes :

« Malgré les pertes élevées et les bombardements d’extrême violence, a défendu sa position pendant plusieurs heures avec les quatre homme qui lui restaient ».

En a-t-il eu connaissance alors que le 12 juin, il était porté disparu ?

N’ayant plus de nouvelles, sa famille s’inquiète, ce n’est qu’en octobre qu’elle apprend que Joseph est prisonnier en Allemagne.

Il est de retour en décembre et en mars 1919, affecté dans un régiment de zouaves, il part au Maroc !

Ce n’est qu’en août qu’il est libéré après avoir passé six ans sous l’uniforme !

 

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Joseph fait bien partie de la mémoire du 73e, vous trouverez ses citations dans le journal de marche.

Je remercie Jean-Marie son petit-fils, rencontré en mai dernier, pour le partage de ses photos.