Caporal Henri Podvin

 

Il me faudrait bien plus d’une page pour relater les faits d’armes d’Henri Podvin aussi je vous propose aujourd’hui sa biographie :

Natif de Morbecque, Henri est incorporé au 73e RI en décembre 1914 et y effectue ses classes dans la 30e compagnie de dépôt.

En mars 1915, il est affecté à la 1ère compagnie de mitrailleuses et rejoint le front à une date jusqu’à ce jour inconnue.

1916 :

En  tant que tireur, Henri s’illustre à Verdun dans le secteur de Fleury/ferme de Thiaumont alors que ses deux sous-lieutenants sont tués ainsi que neuf soldats de sa compagnie.

Avril : il est en ligne au bois des Boules situé sur le plateau au nord de Verneuil.

C’est à l’orée de ce bois qu’il est photographié avec les servants et le chef de pièce.

Le 25 juin, il écrit à ses parents, Henri est dépité tout comme ses compagnons d’armes car les permissions sont supprimées.

Le 3 septembre, c’est la bataille de la Somme : il arrive à Maricourt sous un bombardement très intense. Les jours se suivent et se ressemblent avec plusieurs alertes au gaz tandis que les avions survolent le secteur.

Henri échappe de peu à la mort le 25 étant recouvert de terre, ses camarades s’activent et le sauvent !

Le lendemain, il écrit : « de Combles, il ne reste plus que des ruines ».

Arrivé dans la Marne à la mi-octobre, il part enfin en permission début novembre.

De retour dans la Marne après 10 jours, il y passe Noel et la nouvelle année.

1917

Le 16 avril, il prend part à l’offensive du Chemin des Dames à Craonnelle, il écrit :

« Nous montons en ligne, l’attaque est déclenchée, partout la mitraille crache la mort ».

Après une permission en juin, Henri rejoint le 73e à Quaedypre le 3 juillet après être passé non loin de son village natal afin de participer à l’offensive des Flandres.

Il est soldat de 1ère classe lors de ces opérations et reçoit une citation à l’ordre du régiment en ces termes :

« Bon soldat, modèle de calme et de sang-froid. Tireur de mitrailleuse, n’a pas cessé d’exécuter un tir de harcèlement sur les positions ennemies, malgré un violent bombardement.»

1918

Mars : de retour dans le secteur de Corbeny, Henri participe à la grande contre-offensive de Dommiers le 31 mai mais les allemands contre-attaquent à leur tour et bombardent. Grâce à l’appui des compagnies de mitrailleuses, le régiment reste sur ses positions.

Suite à ces nouveaux évènements, Henri reçoit une citation à l’ordre de la 51e division :

« Remplissant les fonctions de chef de pièce dans les derniers combats, a puissamment contribué à faire échouer deux attaques ennemies en déclenchant des tirs très efficaces ».

Il est nommé caporal le 17 juin.

Dormans  le 15 juillet : lieu de combat sans aucun doute inoubliable pour Henri tant la poussée allemande est forte ! Venant des collines, les compagnies ennemies déferlent des coteaux, prennent le château et les environs, faisant de très nombreux prisonniers.

Subissant l’attaque de plein fouet, Henri est de ceux-là.

Mais il a la chance de n’avoir jamais été blessé alors que les mitrailleurs sont des cibles prioritaires !

Il est ensuite dirigé vers les camps de Langensalza puis de Limburg et enfin de Worringen dans une aile d’usine à poudre.

Amer mais en pleine forme, ne voulant pas travailler pour l’ennemi, il décide de s’évader et prépare un plan avec son compagnon Rémy.

Le 8 octobre, ils parviennent à s’échapper et après plusieurs jours de misère et de frayeur, ils rejoignent Rotterdam…

Henri est rapatrié à Dunkerque le 6 novembre et démobilisé le 16 août 1919, c’est à cet instant qu’il rejoint ses parents réfugiés en Normandie.

Le 11 novembre 1956, il reçoit la médaille militaire des mains du président de la section des anciens combattants de Caen.

Voilà donc la biographie de ce vénérable Poilu sorti indemne de la Grande Guerre.

Merci à Mr et Mme Hess ainsi qu’à l’ensemble de la famille Podvin d’avoir partagé les documents et photos.

 

portrait

 

 Portrait avec l’insigne de spécialité de mitrailleur tireur et des chevrons indiquant deux ans de présence au front.

boules

Dans la tranchée à Verneuil derrière la mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914.