Alexandre Hervé Galigny de Bonneval

 

De la classe 1916, né aux Antilles, d’une vieille famille marie-galantaise installée depuis1730, Alexandre est incorporé dans la compagnie de la Guadeloupe le 17 mai 1917 et rejoint ensuite celle de la Martinique.


Dirigé vers la métropole le 9 juillet 1917, il est affecté au 2e régiment d’infanterie coloniale puis au 7e régiment d’infanterie coloniale en octobre de la même année.

A cette date, le régiment combat sur l’Ailette puis part en repos dans la Marne dans larégion de Cramant/Bouzy.

En janvier 1918, il se trouve dans le secteur du fort de la Pompelle au sud de Reims puis à Cormontreuil.

Le 1er mars, l’historique indique que la 2e compagnie a 70 soldats gazés !

Alexandre s’y trouvait-il ?

Le 15 avril, il passe au 9 e bataillon du 42 e RIC.Les recherches en cours sur ce bataillon n’aboutissent pas et cette affectation laisse donc un
mystère non élucidé.

Il paraît possible qu’il ait été affecté au 73e régiment d’infanterie.

En effet, le journal de marche l’indique en tant que prisonnier disparu lors de la bataille de Dormans le 15 juillet 1918 !

Date historique de l’attaque allemande, appelée Friedensturm’ (offensive pour la paix). De la contre offensive française et alliée qui suivit, ce sera la reddition germanique et la fin decette première guerre mondiale.

Voici un extrait de ce que le JMO du 73 RI décrit cette nuit cauchemardesque du 14 au 15 juillet :

« 15 juillet 1918, vers 0h45, un bombardement d'une violence inouïe se déclenche sur tout la ligne… Le tir ennemi comprend des obus de tous calibres et une grande proportiond’obus à gaz… Le 3e bataillon (dont fait partie Alexandre) est sur la ligne des 4P, les 1er et 2e bataillons sur la ligne de résistance…. »

Ce bataillon composé des 9e, 10e, 11e compagnies et de la 3e compagnie de mitrailleuses positionnées en première ligne paiera un très lourd tribut. La compagnie d’Alexandre, la 9e, compte près de  200 soldats, 141 sont portés disparus et 1 blessé.

Sur les 17 officiers de ce bataillon, seuls 4 sont cités présents le 16 juillet dont plus un seul pour la 11e cie et 1 seul pour les 9e et 10e cies.

Il est fort probable que c’est lors de cette attaque, qu’Alexandre perdit de l’acuité visuelle àcause des obus de gaz allemands.

Dirigé vers le camp de Cassel, on le retrouve prisonnier au centre de l’Allemagne, il fait son retour en France le 24 novembre.

Après plusieurs nouvelles affectations, il est réformé, les yeux étant atteints par les gaz et repart vers la Guadeloupe où il débarque le 9 août 1920.

Ce valeureux jeune combattant disparaitra en 1938 à la Désirade, laissant 2 enfants en bas
âge, il n’était âgé que de 42 ans.

Dans l’attente d’un complément d’informations, je remercie Patrick, son petit-fils, d’avoir partagé son portrait

 

Alexandre Hervé Galigny de Bonneval copie