12 janvier 2008
Les combats du 30 décembre 1914
Les combats du 30 décembre 1914.
Voici ce qu’a écrit Edouard DELECOURT :
« Nous sommes en Argonne, dans le bois de la Gruerie au lieu-dit de la Harazée.
Nos cuisiniers nous apportent à manger à 6h30, les balles sifflent sans cesse et après avoir pris le café, nous nous mettons à nettoyer les abords de nos casemates où il y a au moins 20cm de boue.
A 12h45, nous avons alerte puis on nous fait faire demi-tour. Nouvelle alerte à 15h et nous allons vers les premières lignes où se trouve le 2e bataillon et le 72e RI.
Les boches ont fait sauter une tranchée provocant la débandade dans la 8e compagnie et le 72e.
La 11e compagnie part puis nous autres de la 12e.
Nous avançons sous les balles et gagnons les abris de la 9e compagnie ; on nous fait mettre en lignes de section par quatre puis on attend le signal pour partir reprendre trois tranchées.
Après une heure d’attente, il fait un beau clair de lune, on nous fait traverser les défenses de fils de fer et on s’abrite dans une tranchée pleine d’eau.
Tout à coup le capitaine de la 11e, un froussard, se sauve pris de panique de la première ligne avec toute sa section en criant : la 12e, renforcez-nous !
Les voir si épouvantés provoque un commencement de panique vite réprimé par notre lieutenant qui fait repartir le capitaine et sa section à son poste.
A 20h, le commandant charge le 1er peloton de la 12e de renforcer la première ligne.
Il nous dit en partant : courage mes enfants, un peu d’audace et ce sera fini.
J’ai invoqué la protection de la Sainte Vierge et Saint Christophe et nous voilà partis.
On avance dans le bois, en tirailleurs, baïonnette au canon, au milieu d’une pluie de balles, des camarades tombent, nous nous aplatissons et mettons notre sac sur notre tête pour nous protéger.
Les boches à 15m de nous commencent à nous jeter des bombes. Quel moment effroyable j’ai passé là !
Je ne pensais plus en sortir car une bombe est retombée près de moi, j’ai senti la flamme sans avec reçu une égratignure.
Je suis toujours mon lieutenant, il nous fait faire des bonds en se rapprochant de l’ennemi puis il nous fait faire des tranchées et passons la nuit la plus terrible depuis le début de la guerre ».

Edouard DELECOURT.
07 décembre 2007
Edouard Delecourt à Dinant 3e partie
Edouard DELECOURT à Dinant 3e partie.
Voici donc un nouvel extrait de son carnet daté du 16 août 1914 :
« Une section du 110e est venue prendre notre position et nous sommes retournés dans les bois d’Anhée.
Nous nous mettons à faire la soupe quand, tout à coup, un régiment de dragons passe sur la route qui traverse le bois.
L’ennemi les aperçoit et commence à faire pleuvoir les obus qui passent au-dessus des dragons et tombent dans notre direction.
Nous culbutons la soupe et on se sauve à l’abri un peu plus loin.
Tout s’est encore bien passé mais nous avons été obligés de nous mettre une grande ceinture pour la soupe.
Un instant plus tard, voilà qu’un orage éclate avec une force inouïe et dans l’espace d’une demi heure, nous sommes trempés jusqu’aux os.
Nous sommes bien mouillés quand on nous donne l’ordre d’aller nous mettre à l’abri dans la ferme. Nous avons passé la nuit dans les granges... »
03 décembre 2007
Edouard Delecourt à Dinant suite.
Edouard DELECOURT à Dinant suite.
« Remis de notre peur, nous avons été à travers bois jusqu’à une grande ferme et on s’est mis à l’abri en attendant les retardataires.
Nous étions partis par escouades, certains avaient jeté leur sac afin de courir plus vite…
Moi, j’ai tout gardé car je ne voulais pas rester sans vivres et sans linges….
Après un moment de repos, on se remit en route à la file indienne. Nous arrivons à Anhée sans encombre et là, les habitants qui étaient tous sur leur porte et qu’ils avaient entendu la canonnade, nous ont donné un peu d’alcool…
Un des mes voisins avait eu son fusil cassé dans sa main, son sac avait été traversé, lui n’a pas été blessé…
Nous sommes repartis pour le pont de Houx qui se trouvait à 2km ; nous avions un petit km à faire à terrain découvert, nous suivions un par un la route en se cachant d’arbre en arbre car les allemands étaient cachés sur une colline à notre gauche et tiraient sur nous.
Nous entendions siffler les balles à nos oreilles et dans les branches d’arbres.
Nous avons pu atteindre la ligne de chemin de fer et l’avons suivie jusque le pont de Houx.
Sans nouveau blessé, nous avons eu une rude chance.
Arrivés à l’écluse, on s’est mis aussitôt au travail à faire des tranchées pour nous abriter et nous y sommes restés toute la nuit ».
02 décembre 2007
Edouard Delecourt à Dinant
Edouard DELECOURT à Dinant.
Très prochainement, je vous présenterai Edouard DELECOURT soldat du 73e RI dès le 3 août 1914.
Voici tout d’abord, un extrait de son carnet d’impressions.
Merci à Michel Knockaert et à la famille d’Edouard de nous en faire profiter !
« Nous nous reposons jusqu’à 8h30 et je vous assure que l’on en a profité car nous tombions de sommeil.
A 9h, la 12e compagnie doit se rendre au pont de Houx, nous voilà donc partis remplir notre mission. Dans le village (Anhée), nos camarades nous souhaitent bonne chance.
On se dirige vers notre point à occuper après avoir chargé nos fusils ; à notre droite, des obus éclatent dans la forêt.
On pressentait être assez près de l’ennemi, nous étions dans un chemin un peu plus haut que les champs, toute la compagnie en colonne par quatre quand, tout à coup, nous entendons un sifflement dans l’air et un obus éclate à trente pas à droite.
Toute la compagnie se jette à plat ventre par terre et voilà qu’un deuxième obus passe au-dessus de nous et tombe à 10m. Aussitôt éclaté, on se relève en vitesse, mais impossible de se disperser à cause des clôtures de chaque côté. Le bois étant à 1km, nous partons en vitesse mais tous les trente pas, on était obligé de se jeter à terre….
A l’abri dans la forêt, nous avions reçu 15 à 20 obus, nous avons fait l’appel, il manquait une quinzaine d’hommes dont quatre tués. Nous n’avions pas pu porter secours aux camarades blessés, ni regardé si c’était nos amis.
Je vous assure que nous avons eu un bon baptême du feu. Je me souviendrai toujours de cette journée du 15 août ».










