Béthune- les 73e RI - 273e RI - le 6e RIT

05 novembre 2021

Caporal François Leflond 73e RI

Maréchal-ferrant dans le paisible village de Bouvigny, François Leflond est appelé au 73e RI en 1905 ; il est libéré l’année suivante.

8 - Leflond Fr 73e RI finale

Mobilisé le 4 août 1914, il participe à tous les combats de 1914 et 1915 dont Dinant, la Marne, l’Aisne puis à la 1ère bataille de Champagne, la Woevre à Braquis, au bois d’Ailly puis dans l’Aisne à Beaumarais, au Choléra, au bois des Buttes et au bois de la Mine près de Pontavert.

dinant b

1916 : l’année commence par une grande bataille : celle de Verdun !

François se bat près de Douaumont non loin du fort de Froideterre.

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Son excellente conduite au feu et son courage lui vaut d’être nommé caporal dans la compagnie hors-rang alors qu’il cantonne à Tannois.

Dirigé près du Chemin des Dames, il est en ligne à Moussy et Verneuil puis en août, il arrive sur le front de la Somme pour combattre à Maurepas et Combles.

Enfin d’année, il revient dans la Marne à Beauséjour.

1917 : François prend part à l’offensive de l’Aisne à Craonne et des Flandres à Hetsas.

1918 : il revient sur le Chemin des Dames à Maizy, Corbeny et Chevreux puis il arrive au sud de Soissons à Dommiers, Vertefeuilles et Laversine.

Le 15 juillet, il participe à la 2e bataille de la Marne avant d’être dirigé vers l’Alsace à Saint-Ulrich pour en terminer à Bergues sur Sambre.

Il apprend que l’armistice est signé alors qu’il se trouve à Eppe-Sauvage.

Jamais blessé ni malade, François fait partie des rares soldats sortis indemnes de la Grande Guerre.

Mais il ne fait nul doute qu’il ait été marqué à jamais de ce qu’il a vu et subi : souffrances, peur, faim, soif et disparition de ses frères d’armes.

Merci à Jean-Claude Brunelle d'avoir partagé ses documents.

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23 octobre 2021

Soldat Emile Quenon 73e RI

Emile Quénon est né le 22 mai 1887 dans le hameau des Brebis à Mazingarbe, il est issu d'une famille de mineurs belge. A la déclaration de guerre, il habite Liévin (Hameau de Calonne) et y exerce le métier de houilleur.

Ayant fait ses classes au 154e RI de Lérouville, il rejoint à Hesdin le 3 août 1914 le 2e bataillon du 73e RI. Il est affecté comme soldat de 2e classe à la 7e compagnie commandée par le capitaine Fatrez.

Quénon Emile 73 RI b

Dès le 5 août, le bataillon se met en marche et franchit la frontière belge le 13.  Le 15 août, il connaît son baptême du feu à Dinant lorsque les allemands bombardent les positions du régiment.

A partir du 16 août, le 2e bataillon est chargé de défendre le pont ferroviaire d’Anseremme au sud de Dinant. La 7e compagnie de Quénon installe et défend une barricade sur le pont.

Dans la nuit du 22, les allemands lancent 2 assauts en direction de ce pont, assauts repoussés par la compagnie qui compte 6 blessés.

Le 23 août, se repliant devant l'avance allemande le régiment entame une longue marche vers la France jusque Sains-Richaumont ou il s'arrête le 29 afin de prendre part à la bataille de Guise.

Guise 29 août soir b

Le lendemain, le bataillon participe à l'attaque de la localité de Puisieux, se tenant au sud du village prêt à le déborder par l’ouest. A 8h, des échanges de tirs avec l’ennemi ont lieu. C'est probablement à ce moment-là que disparaît Emile Quénon.

puisieux ferme de champfleury b

Porté disparu le 30 août, personne ne sait si Emile Quénon est mort ou prisonnier et son destin ne sera connu de l'armée et de sa famille qu'à la fin du conflit.

Ce sont finalement des articles de presse relatant un procès de conseil de guerre qui nous en donne quelques détails.

Ainsi, au moment de sa disparition, Émile Quénon a été blessé et capturé par les allemands qui l'ont évacué vers la Belgique. Mais Emile réussi à s'évader et tente de revenir vers le front qu'il ne peut plus franchir.

Dès lors, il se cache dans le village de Bucilly (Aisne) avec la complicité de quelques habitants mais suite à une dénonciation, il doit partir se réfugier dans les bois alentours.

En août 1915, il est dénoncé aux allemands par une de leur informatrice. Capturé puis jugé sommairement par un tribunal allemand, il est condamné à mort.

C'est à Landouzy la Ville que le 1er septembre 1915 à 5h du matin, Emile Quénon meurt fusillé par les allemands.

A l'automne 1918 une enquête de l'armée aboutit à l'arrestation en février 1919 de la dénonciatrice qui sera d'abord condamné à mort pour intelligence avec l'ennemi par un conseil de guerre réuni à Grenoble mais sa peine sera ramenée à 5 ans de prison après la révision du procès.

Merci à Philippe Guedes pour le récit et le portrait.

 

 

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09 octobre 2021

Soldat Désiré Delabre 73e RI

 

 Cultivateur à Lestrem, Désiré Delabre est mobilisé le 3 août 1914.

9 - Delabre Désiré 73e RI finale

Il est affecté à la 11e compagnie du 3e bataillon commandé par le chef de bataillon Brigand.

La 11e compagnie est commandée par le capitaine Marin, ses adjoints sont les sous-lieutenants Wimet de Wirwignes et Rouge.

Parti de Béthune, le 73e arrive près de Dinant en Belgique et la 11e compagnie connait le baptême du feu en défendant les ponts de Houx et d’Annhée.

Après être passé à Boursault près d’Epernay, le régiment arrive à Esternay, le 6 septembre, la bataille est très violente, on se bat au corps à corps près du château.

esternay chateau c

Durant le combat, le sous-lieutenant Rouge est tué par balle.

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Le 12, le combat se poursuit à Maison Blanche près de Reims.

Arrivé dans l’Aisne, on se bat à Pontavert le 26, le secteur est très agité par les bombardements, les attaques et contre-attaques répétitives.

En fin d’année, c’est un nouveau départ vers l’Argonne, le 73e passe à Ste-Menehould avant d’être mis en ligne au bois de la Gruerie.

Le terrain est très hostile, il fait froid, le combat est rude ; Désiré est blessé le 31 décembre en participant au dégagement du poste de commandement.

Nous voici en 1915, quelques jours plus tard, le 3e bataillon cantonne à St-Rémy sur Bussy puis arrive à Somme-Tourbe et organise le secteur.

Le 19 février, attaque à Mesnil les Hurlus dans des conditions dantesques, le sous-lieutenant Wimet est d’ailleurs blessé par éclat d’obus.

Bien heureusement, Désiré s’en tire sans blessure.

Début avril, le 73e est dirigé vers la Meuse au bois la Dame près de Braquis puis c’est au bois d’Ailly qu’il combat le 5 mai.

C’est l’enfer tant les allemands sont incisifs ! Le capitaine Marin est fait prisonnier.

Retour dans l’Aisne au bois de Beaumarais, au bois des Buttes et au bois de la Mine dans un secteur toujours aussi agité.

En ce début d’année 1916, c’est l’instruction puis le départ vers Verdun où le canon tonne fort.

Le 73e se déploie dans le ravin des Vignes près de Douaumont, il y subit de nombreuses pertes.

En avril, retour dans l’Aisne à Moussy et sur le plateau de Verneuil puis il part en instruction.

Dirigé vers la Somme en août, le régiment est en réserve au camp Gressaire ; il doit attaquer à Maurepas et Combles.

Le 15 septembre, c’est sous un bombardement intense que Désiré est blessé ; il décède le lendemain (suivant Mémoire des Hommes) puis est porté disparu.

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Mes remerciements s’adressent à Monsieur Michel Delabre.

 

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01 octobre 2021

Soldat Marie Mahut 73e RI

Jeune soldat de la classe 1917, Marie Mahut, originaire des Vosges, arrive au 73e RI le 20/8/1917 à Killem (Nord).

Affecté à la 1ère compagnie, il embarque de suite à destination de Woesten sur le front des Flandres Belges.

MAHUT Marie Charles Edmond finale

En ligne dans le quartier de Bixschoote, il se doit de porter le masque à gaz suite au bombardement d’obus toxiques.

Il est relevé le 14 septembre pour un repos à Guemps dans le Pas de Calais.

Le 3 octobre, il revient en 2e ligne près de Pypegaele dans des conditions difficiles provoquées par la pluie.

Le 30 octobre, il est en repos à Brêmes les Ardres puis en instruction.

Le 6 décembre, il embarque près de Calais pour débarquer à Lillers et stationner à Busnes.

D’étape en étape, Marie traverse Amiens ; le 20, il est à Pont Sainte-Maxence pour cantonner à Maisoncelles dans la région de Meaux.

Voici la nouvelle année ainsi qu’un nouveau départ en direction de l’Aisne dans la région de Maizy et Concevreux.

Le 8 mars, il est en ligne au Temple près de Pontavert déjà connu des Poilus du 73e qui s’y sont battus à maintes reprises durant les années précédentes.

Le secteur de Beaurieux où il se trouve fin avril n’a pas une journée sans blessé ; enfin le 9 mai, il quitte cette région de l’Aisne pour instruction près de Beauvais.

Le 28 mai, il embarque en camion et arrive à Compiègne.

A pied, il arrive à Coeuvres ; il ne le sait sans doute pas : une contre-offensive est en préparation !

En 1ère ligne face à Ploisy, il connaît ensuite l’enfer du bombardement continuel à Dommiers où il est blessé le 4 juin.

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Evacué vers l’ambulance, il revient dans la 5e compagnie le 5 juillet.

Le 15 juillet, il prend part aux combats acharnés de Comblizy/Dormans où de nombreux soldats de sa compagnie sont faits prisonniers.

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Mémorail de Dormans.

Une fois de plus, Marie est sauf !

Parti en repos près de Montbelliard, il arrive à St-Ulrich en Alsace dans un secteur bien plus calme.

Il participe aux derniers combats dans la région de Bergues sur Sambre le 5 novembre avant d’apprendre que la guerre est terminée à Eppe-Sauvage.

Mes remerciements s’adressent à Madame Caroline Chabert pour le partage de ses documents.

 

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29 septembre 2021

Soldat Charles Bolpaire 273e RI

Cardeur à Armentières, Charles Bolpaire est de la classe 1915.

Appelé au 73e RI le 17 novembre 1914, il est dirigé vers le front en avril 1915 et effectue la campagne.

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La fiche matricule étant lacunaire, il nous est impossible de retracer précisément son parcours de guerre.

Début 1917, Charles se trouve au 273e RI qui est le régiment de réserve du 73e RI.

En arrière du front, il est aux carrières de Romain, véritable camp de repos des troupes.

L’historique du régiment indique que « les conditions d’installation très précaires rendent le travail dur et pénible ».

Le 12 mars, Charles est au Moulin Rouge au nord d’Oulches sur le Chemin des Dames.

Le secteur est agité par les bombardements, les coups de main et les nombreux passages d’avions.

Le 31 mars, l’artillerie ennemie est très active, elle utilise torpilles, canons de 77 et de 105.

Charles est tué par projectile en début de nuit.

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Fontaine à Oulches, village disparu.

Inhumé à Oulches, son corps est rapatrié à Armentières après guerre et réinhumé dans le carré militaire.

Soldat Mort Pour La France.

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Que Madame Renée Cousin soit ici remerciée pour le partage de ses documents.

 

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23 septembre 2021

Sous-lieutenant Marcel Bodelle

Natif de Lys les Lannoy, Marcel Bodelle est appelé au 73e Ri en octobre 1909.

Sergent, il est libéré fin 1911.

Rengagé le 21/7/1913, il rejoint le 273e RI.

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Le 5/8/1914, il part en campagne et participe à tous les combats sans aucune blessure :

-       Dinant le 23/8

-       Voulpaix le 30/8

-       Retraite de la Marne et Pierre-Morains le 10/9

-       St-Léonard le 13/9

En 1915, il est en ligne dans l’Aisne : au bois de la Mine, au Choléra et au mont Doyen.

Ce front se trouve entre Berry au Bac et Pontavert.

Fin avril, il est au bois des Zouaves dans la Marne avant de prendre part à l’offensive de la Somme à Hébuterne en juin puis Lihons en septembre.

Arrivé dans la Marne près de Suippes alors que la 2e bataille de Champagne se prépare.

Le 6 octobre, le régiment attaque près de la ferme Navarin au nord de Souain.

Sain et sauf malgré le bombardement très meurtrier, les attaques et contre-attaques, ses supérieurs ont remarqué sa combativité ce qui lui vaut d’être nommé sous-lieutenant lors du cantonnement de Loisey.

Le 273e se déplace au sud de Verdun, dans la plaine de la Woevre et y reste jusqu’à la nouvelle année.

Le 8 janvier 1916, une autre grande bataille se prépare, il s’agit de celle de Verdun !

Des travaux sont alors effectués au nord de la ville.

Le 21 février, c’est un déluge de feu qui s’abat sur le régiment !

En 1ère ligne à Louvemont le 26, Marcel est blessé au visage par éclat d’obus et perd plusieurs dents en plus d’avoir les pieds gelés.

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Photo : Jean-Luc Kaluzko

Totalement encerclé, il est dans l’obligation de se rendre.

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La chapelle de Louvemont.

Dirigé vers le camp de Scharzwald en Allemagne, il est rapatrié le 14 octobre 1918.

Nommé lieutenant en 1919, sa carrière s’arrête quelques temps plus tard en tant que capitaine de réserve.

Cité à l’ordre du régiment, il est chevalier de la légion d’honneur en 1936.

Merci à Mme Yvette Huenarerts-Chartrain de son partage.

 

 

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07 août 2021

Caporal Alfred Chapelet 73e RI

Mineur à Lens, Alfred Chapelet est mobilisé dans la 5e compagnie et connait le baptême du feu à Dinant le 15 août 1914.

Revenu dans l’Aisne, il prend part aux combats de Sains-Richaumont.

                    gd pere chaplet 3 refaite finale

Il se bat à la baïonnette en 1ère ligne à Esternay (Marne) afin de reprendre le château et le village.

Il ne fait nul doute que ce 6 septembre a dû marquer Alfred pour très longtemps !

Après un court arrêt à Reims, il revient dans l’Aisne à Pontavert et à la Ville aux Bois sous un bombardement continuel.

De nouvelles positions sont ensuite organisées aux bois des Buttes et de Beaumarais.

Celles-ci sont figées jusqu’à la mi-décembre.

Le régiment est dirigé vers l’Argonne à Vienne le Château pour être en ligne au bois de la Gruerie le 28 où tant y sont déjà tombés.

Le 5 janvier 1915, la 5e compagnie attaque un barrage ennemi et temporise sous ordre.

Relevé le 8, le 73e part en repos 12 jours avant de rejoindre Mesnil les Hurlus le 16 février.

(Entre-temps, Alfred a été nommé caporal grâce à ses excellents états de service.)

Le secteur est très meurtrier, les conditions sont extrêmes : la neige, les fortes gelées usent les soldats !

La relève a lieu le 6 mars pour un repos bien mérité près de Châlons et d’Epernay.

Le 2 avril, le régiment arrive à Thierville près de Verdun pour être en ligne au bois la Dame près de Braquis.

Durant ce combat, la 5e cie déplore 16 tués, 50 blessés et 7 disparus.

Le 3 mai, arrivée dans le petit village dévasté de Marbotte ; les tués sont déposés dans l’église (vaut une visite).

bois d'ailly petit copie

Deux jours plus tard, c’est l’enfer du bois d’Ailly ; les allemands y sont très incisifs multipliant les pertes.

C’est alors que la 5e cie intervient afin de reprendre une partie de terrain perdu.

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Durant ce temps, Alfred est capturé puis envoyé dans le camp d’Erlangen d’où il est rapatrié le 24 décembre 1918.

Je remercie Marylise, sa petite-fille, pour le partage de ses documents.

 

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22 juillet 2021

Soldat Marcel Delplanque 73e RI

Garçon-boulanger à Amiens, Marcel s’engage au 46e RI en mars 1915.

Il arrive au 73e RI en réserve à Maricourt le 4 octobre 1916 et embarque le lendemain pour s’installer à Bussy les Poix.

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D’étape en étape, il arrive dans la Marne dans le secteur bouleversé par les entonnoirs de mines de Beauséjour (actuellement camp de Suippes).

1917 commence sous la pluie inondant les tranchées avant un repos bien mérité de 18 jours.

Il faut bientôt partir et le 4 février, le régiment arrive dans l’Aisne pour y effectuer divers travaux d’aménagements et préparer l’offensive dans le bois de Beaumarais près de Craonne.

Celle-ci a lieu le 16 avril sous un temps froid et il neige !

Il part ensuite au camp de Mailly pour instruction.

A 21 ans, Marcel a déjà bien souffert de la guerre.

Le 1er juillet, il est embarqué avec l’ensemble du régiment vers le Nord pour débarquer le lendemain à Bergues et cantonner à Quaedypre.

Arrivé à la frontière belge, il est en ligne à Steenstraete sous la pluie battante rendant la vie encore plus difficile.

Le 20 août, il est en ligne à Bixchoote et le 10 septembre, il est gazé.

Bixchoote SHD

Son nom n’apparaît pas dans la liste des blessés, il est probable qu’il n’ait pas été évacué.

De retour en France en novembre, il est dirigé près de Meaux.

Il revient dans l’Aisne le 28 janvier 1918 pour être en ligne le 7 mars face à Corbeny qu’il quitte le 6 mai.

Le 31 mai, sur le front de Soissons à Dommiers, le combat est très meurtrier, quant à Marcel, il est indemne !

Après une courte période de repos, c’est à Laversine qu’il se bat.

Les souffrances ne sont pas terminées car le 15 juillet, il se bat encore au château de Dormans.

La nécropole dans la ville témoigne de l’âpreté des combats qui s’y sont déroulés…

Marcel quitte le 73e RI le 24 août ; il se réengage un peu plus tard pour l’armée d’Orient : il est libéré en 1924.

Marcel connait une fin tragique : démineur, il est gravement blessé et en décède le 18 décembre 1946 à Granville.

Bixchoote

Mes remerciements s’adressent à Alain Beausire, son petit-fils, pour le partage de ses documents.

 

 

 

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06 juillet 2021

Tilloloy Emile 273e RI grand mutilé

Je recherche un portrait de ce Poilu de la classe 1915, grand mutilé de guerre suite à ses blessures reçues à Vermandovillers.

A perdu les deux yeux, les avant-bras et les tympans et est décédé en 1929.

Cité à l'ordre de l'armée, médaille militaire et chevalier de la légion d'honneur.

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26 juin 2021

Adjudant René Wiard - 73e RI

Adjudant René Wiard

De la classe 1903, René Wiard quitte les mines le 6 novembre 1904 afin d’effectuer son service militaire.

Incorporé au 73e RI et excellent soldat, il est nommé caporal puis renvoyé dans ses foyers en 1906.

Garde-champêtre à Hénin-Liétard, René est mobilisé en tant que sergent et rejoint son régiment à Dinant le 22/8/1914.

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Il est affecté à la 8e compagnie du 2e bataillon commandé par le chef de bataillon Pavans de Ceccaty.

Le 73e revient en France, engagé dans la bataille de Guise dans l’Aisne, la 8e compagnie défend le village de Cohartille.

Le 6 septembre, arrivée à Esternay dans la Marne, la compagnie est en 1ère ligne dans le bois et attaque la crête.

De nombreuses pertes sont à déplorer parmi lesquelles le chef de bataillon Pavans de Ceccaty (qui repose toujours à Esternay aujourd’hui).

Le 12 septembre, arrivée à Reims, le 23, la 8e cie est en ligne près de Pontavert au bois des Buttes.

Le 2e bataillon est commandé par le chef de bataillon Rouvin.

Les pertes sont très nombreuses dans ce secteur agité sous les forts bombardements, les hommes souffrent !

Les bataillons alternent 1ère ligne et mise en réserve.

Le capitaine Vidal, de retour de blessure, prend le commandement de la 8e cie dans le bois de Beaumarais.

Les soldats bien fatigués sont relevés le 11 décembre.

Le 27, ils embarquent à Cuperly pour débarquer à Ste-Menehould et rejoignent Vienne le Château où le canon tonne fort.

Nous sommes en Argonne au bois de la Gruerie ! Secteur effroyable par la dureté des combats et… le froid !

La 8e cie n’est pas épargnée, elle subit une attaque de plein fouet et s’en tire tout juste avant d’attaquer à la grenade. Les soldats sont épuisés après avoir combattu dans l’eau et sans manger.

Relevé, le régiment part à St-Rémy sur Bussy pour un repos bien mérité, le 12 janvier 1915, René est nommé adjudant.

Le 16 février, en repos à Somme-Tourbe, le régiment se dirige vers Mesnil les Hurlus pour la 1ère bataille de Champagne.

Dans des conditions dantesques, la 8e cie attaque le 19 et le 20, la progression est lente et très pénible. Elle est relevée le lendemain.

De retour le 1er mars, elle arrive à l’ouvrage du Trapèze. Elle quitte le secteur le 6.

De déplacements en déplacements, le régiment arrive dans la Meuse à Thierville le 2 avril pour se rendre au bois la Dame près de Braquis le 5.

L’attaque est programmée dans la 7 au 8 avril.

Durant cette attaque, René se trouve dans la 5e cie et se distingue ; le 8 mai 1915, il reçoit une rare citation à l’ordre de l’armée :

"Pendant le combat de la nuit du 7 au 8 avril, a entrainé avec la plus grande énergie sa section à l'assaut d'un ouvrage fortifié, lui a fait franchir le premier réseau et l'a maintenu jusqu'au jour sous un feu très violent".

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Carte : en rouge ligne française, le 73e Ri se trouve à droite de la mention 2e DI.

Bois la Dame finale

Braquis : le bois la Dame aujourd'hui.

Après ce fait d’armes au bois la Dame, c’est au bois d’Ailly/Meuse que le régiment arrive.

Le combat est formidable en ce 5 mai, la cie se replie, l’ennemi étant très incisif.

Le 2e bataillon a perdu 9 officiers et 600 hommes durant cette opération !

Le 13 mai, le régiment arrive à Commercy à 14h30 ; René reçoit la médaille militaire épinglée par le lieutenant-colonel Truffert.

Après une période de repos, le régiment effectue son retour au bois de Beaumarais, au bois des Buttes et au Choléra. Il y effectue des travaux de défense.

Le 22 juin, René est évacué pour bronchite puis dirigé vers le dépôt.

Il revient le 21 décembre pour être en ligne le 29 au bois des Buttes où il passe le réveillon.

Janvier 1916 : les échanges d’artilleries sont réguliers jusqu’au 11 février.

Après une période de repos, le régiment est dirigé vers Verdun où il arrive le 25 sous la neige.

Parti du fort de Souville, il arrive dans le ravin des Vignes près de Fleury devant Douaumont.

Le bombardement est très violent de Froideterre à la ferme de Thiaumont, c’est l’enfer de Verdun !

Attaques et contre-attaques se succèdent, les pertes sont considérables.

Le 6 mars, de retour à Verdun, les hommes sont épuisés et à bout de nerf.

Ils embarquent à Verdun pour débarquer à Epernay le 1er avril.

Le 13 avril, arrivée à Verneuil dans l’Aisne, le château a été bombardé depuis quelques temps ; le 16, la 5e cie est à Beaulne, les bombardements sont fréquents de part et d’autre durant les mois de mai et de juin.

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Le château de Verneuil en 2012.

Le 2e bataillon est enfin relevé à Moussy le 5 juillet et le 24, il arrive à Ville en Tardenois.

Le 30, René quitte le régiment.

Passé au 42e RI, il passe l’année 1917 au front et termine la guerre au 23e RI.

Décorations : médaille militaire, croix de guerre avec palme, médaille de la victoire, médaille commémorative.

Je remercie Joël, son petit-fils, de son bon coeur pour avoir partagé ses documents.

 

Posté par saint_omer 8ri à 14:29 - - Permalien [#]