Béthune- les 73e RI - 273e RI - le 6e RIT

Il s'agit des parcours de guerre et de l'histoire des hommes qui servirent aux 73e RI - 273e RI et 6e RIT de Béthune durant la Grande Guerre.

25 novembre 2009

Sergent Jules Bourdrez

Sergent Jules Bourdrez.

 

Jules_BOURDREZ_copie_10


Mobilisé au 6e régiment d’infanterie territoriale le 4 août 1914, il arrive à Dunkerque le lendemain où il est placé en réserve.

Le 22 août, il est mis en état d’alerte, le 25, il est dirigé vers Petite-Synthe.

Les jours suivants, il est placé en surveillance près du canal de Bergues.

C’est début septembre qu’il effectue des travaux d’organisation et participe à des séances de tir.

Le 22, il embarque en gare de Dunkerque en direction de Douai.

Le 24 à 14h, l’ennemi attaque au Raquet, il y a plusieurs tués mais le 2e bataillon dans lequel se trouve Jules revient sur les lieux le lendemain pour y creuser des tranchées.

Le 30, il est près de Lewarde alors que les allemands sont à Auberchicourt avant d’attaquer les positions dès 15h.

Le 1er octobre, l’ennemi progresse, Jules et le 2e bataillon doivent reculer dans les boulevards de Douai. L’étau se resserre…

Jules est probablement blessé durant ces évènements du 30 ou du 1er octobre 1914.

Evacué, il est soigné dans un hôpital où il décède, « Mort pour la France ».

Douai est alors occupé par l’ennemi, c’est ainsi que Jules fut probablement inhumé par les autorités allemandes dans la ville où il repose depuis…

Mes remerciements s’adressent particulièrement à Guy, son petit-fils.

 

 

 

 

Posté par saint_omer 8ri à 20:59 - Le 6e Territorial - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le Petit Béthunois

Voici un article du Petit Béthunois paru le jeudi 26 août 1926.

 

« Le groupe des anciens combattants du 73e qui, dès 1924, déposait auprès du conseil municipal un vœu en faveur du monument aux morts et qui, l’an dernier, , ici même grâce à la bienveillante hospitalité du « Petit Béthunois », s’adressait à ce sujet à la population de Béthune toute entière, voudrait aujourd’hui sauver d’ l’oubli un nom qui leur est cher et qui, croient-ils, est cher aussi à beaucoup de nos concitoyens, le nom glorieux du 73e RI.

Le 73e qui tint si longtemps garnison dans notre ville, ne peut pas être oublié !

Tout le monde sait combien ses concerts, retraites, revues donnaient à notre cité de l’entrain et de la gaieté et il n’est pas un Béthunois qui ne se rappelle sans émotion cette musique entraînante, toujours suivie, toujours aimée, il n’est pas un habitant qui ne regrette la vie, l’animation que mettaient dans notre ville l’arrivée des bleus, les périodes de réserves, les manœuvres, etc…

Et puis notre garnison comprenait des Béthunois en assez grand nombre et plus d’un n’est pas revenu ! Eh bien, les anciens du 73e qui aiment leur régiment ne voient pas sans mélancolie disparaître avec nos casernes la seule chose qui nous restait de lui.

Ce qui s’en va sous la pioche du démolisseur, c’est un peu d’eux-mêmes et c’est encore le souvenir des camarades disparus qui ont passé entre ces murs quelques années de leur jeunesse et qui sont partis par un beau jour d’été avec quel enthousiasme ! pour ne jamais revenir.

Et même pour les indifférents, n’est pas un peu de notre vieux Béthune qui s’en va ainsi, pierre par pierre et n’est pas toujours triste de voir mourir des chose qui ont un passé, une histoire et qui sont un peu l’âme de la cité ?

On nous refait un nouveau Béthune, joli, tout neuf et il est entendu que notre vieille cité d’autrefois était affreuse, affreuse !

Mais, tout de même, elle avait son cachet ; chaque rue, chaque maison avait son histoire : en un mot, c’était une vieille ville, tandis que maintenant qu’est-ce qui la distinguera d’autres viles toutes neuves, elles aussi ?

Nos vieilles casernes, il est vrai, tombaient en ruines, devenaient inutiles et inutilisables…

Loin de moi l’idée de les défendre, d’autant plus qu’elles seront bientôt des œuvres de paix, écoles, cercle, hôtel des postes. Et ce sera très bien ainsi.

Mais, s’il est des sacrifices nécessaires, s’il convient d’envisager l’avenir et non pas le passé, qu’au moins le nom du 73e ne disparaisse pas tout à fait !

Pour commémorer le glorieux régiment de Béthune, ne pourrait-on pas comme on l’a fait dans d’autres villes, donner à une rue de notre vieille cité le nom de « rue du 73e » ?

Et, selon le vœu le plus cher des anciens combattants du 73e, ne pourrait-on pas réserver sur le monument aux morts une place – oh ! Modeste et discrète – pour rappeler le 73e qui a tenu garnison dans notre ville pendant plus de 50 ans et qui partit pour la guerre en ce jour mémorable d’août 1914 dont tous les Béthunois ont gardé le souvenir ?

Certes, il ne s’agit pas de donner une place de faveur aux soldats du 73e. Egaux ils sont dans la mort, égaux ils doivent être à l’honneur ! Et nul plus que nous n’a souci de cette justice.

Ici nous demandons seulement de rappeler que le régiment de Béthune à tous nos concitoyens qui seront heureux, nous en sommes sûrs, de retrouver son nom sur le monument du souvenir.

Signé : AM.  

 

Merci à Thierry Cornet de m’avoir fait parvenir cet article !

 

Posté par saint_omer 8ri à 07:29 - Mémoire de pierres - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 octobre 2009

Hommage au commandant Louis Schaepelynck

Hommage au commandant Louis Schaepelynck.

En ce 24 octobre 2009, c’est à Lille, au cimetière de l’est que s’est déroulée une cérémonie commémorant le 80e anniversaire de la mort du commandant Schaepelynck, chef du 6e bataillon du 273e.

Organisée par Chantal Chamelot, la petite fille du commandant, en présence de quelques membres de la famille, cette cérémonie fut émouvante.

IMG_0268_copie

Antoine Clarret retraça la campagne mouvementée du commandant cité à 7 reprises !

IMG_0274_copie

Plusieurs membres de l’ONAC de Lille étaient présents dont Jean Leleu, vice-président délégué fondateur UNC-AFN Lille Omara Ouramou, ancien d’Indochine, d'Algérie et d'Afrique, Bernard Dejardin ancien du centre Europe ; nous avons pu remarquer et admirer les drapeaux parmi lesquels se trouvait celui de Verdun qui n’avait pas été sorti depuis 25 ans.

IMG_0272_copie

En fin de cérémonie, une gerbe fut déposée par Chantal Chamelot puis une plaque avec cette inscription :

« En hommage à notre aïeul, Louis Schaepelynck qui fut l’un des artisans du 11 novembre 1918 ».

IMG_0286_copie

IMG_0250_copie

 

Posté par saint_omer 8ri à 08:26 - Commémoration - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 octobre 2009

Retour en Champagne

Retour en Champagne.

 

Les 10 et 11 octobre 1916, les bataillons débarquent près de Châlons en Champagne et partent cantonner à Saint-Julien de Courtisols pour le 1er, 3e + la CHR et Marson pour le 2e.

Après quelques jours de repos, l’état-major et le 1er bataillon arrivent à Saint-Jean sur Tourbe et sont en ligne dans le quartier de Beauséjour le 16. Le 3e bataillon arrive le lendemain tandis que le 2e arrive le 19.

Le 22 octobre, plusieurs mines explosent, 3 soldats sont blessés. Les allemands, arrivés dans l’un des entonnoirs, y sont chassés à la grenade.

Les jours suivants sont calmes et se passent à la remise en état des dégâts faits par les mines.

Le 28 octobre, le 3e bataillon est relevé par celui du 8e RI puis c’est le 1er qui l’est par le 2e bataillon du 8e.


Beaus_jour__vaisselle_b

Objets sur les ruines de la ferme de Beauséjour en 2005.

Posté par saint_omer 8ri à 09:21 - 7g - 1916 - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 octobre 2009

La bataille de la Somme 3

La bataille de la Somme 3.


Dans la nuit du 27 septembre, le 73 atteint le ravin à l’ouest de Morval sous un intense bombardement, durant ce temps, le lieutenant Georges Dequiedt est tué.

Le régiment est alors commandé par le chef de bataillon Matter, le lieutenant-colonel Truffert blessé le 19, n’a plus la possibilité de marcher.

Le 28 septembre, les anglais sont relevés près de Morval.

Le 30 septembre, un ordre stipule le retrait du régiment en vue de rejoindre le camp 15 près de la ferme Bronfay située au sud-ouest de Maricourt.

Le régiment est en réserve de corps d’armée.

Le 2 octobre, une prise d’armes est programmée, elle est annulée suite au très mauvais temps.

Le 4 octobre, des renforts arrivent, ils proviennent des 24e et 28e d’infanterie.

Le 5 octobre, le régiment est transporté en camions et débarque à Thieulloy-l’Abbaye, le 6, le lieutenant-colonel Truffert en reprend le commandement.

La bataille de la Somme est terminée. Elle aura provoqué la disparition d’environ 270 soldats, sous-officiers et officiers et de plus de 700 blessés…

Le 7 octobre, le cantonnement se situe à Quevauvillers alors que les 9 et 10 octobre, le régiment embarque à Loeully pour arriver à Coolus au sud de Châlons en Champagne.

Une nécropole anglaise se trouve près de la ferme Bronfay riche d’histoire. Son propriétaire actuel a effectué quelques décorations sur les murs du bâtiment attenant à la ferme.


bronfay1

 

 

bronfay2

 

Posté par saint_omer 8ri à 10:13 - 7g - 1916 - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 septembre 2009

La bataille de la Somme 2

La bataille de la Somme 2.


Le 13 septembre, la situation n’évolue pas, les canons de 37 sont utilisés au maximum pour détruire les nids de mitrailleuses. C’est le commandant Coudin qui dirige l’opération.

Les positions ne changent le lendemain, le 73e est toujours au bois Louage bombardé par obus lacrymogènes au cours de la nuit du 14 au 15.

Les anglais attaquent également avec l’appui des tanks, une arme nouvelle !

Durant ce temps et sous le bombardement continuel, la 45e division attaque du côté de Rancourt, elle se compose de zouaves, tirailleurs et de plusieurs bataillons d’Afrique…

Mais revenons au 73e toujours au contact de l’ennemi : les hommes s’organisent et creusent tranchées et boyaux.

Le 19 septembre, le lieutenant-colonel est légèrement blessé. Les positions évoluent légèrement sur la droite et le 22 septembre, préparation de l’attaque pour la prise de Combles avec notamment l’appui de l’artillerie anglaise pour détruire des nids de mitrailleuses se trouvant dans les vergers au sud-ouest du village.

Le lieutenant-colonel Truffert rappelle aux officiers que les éclats d’obus peuvent être reçu à 200m en arrière et qu’il faut donc dans ce cas, faire allonger les tirs.

Une attaque est prévue dès le lendemain matin.

Le 2e bataillon du commandant Matter, se trouve non loin du bois de Leuze et reçoit la 9e compagnie en renfort. C’est là, que le sous-lieutenant Fumery se distingue en prenant avec sa section 120m de tranchée d’où il ne reste que des cadavres des 74e et 274e IR (prussiens).

Le 24 septembre, après une longue préparation réalisée avec les canons de 37, le 2e bataillon attaque avant d’être arrêté par les tirs de mitrailleuses.

Les anglais attaquent dans le même temps la tranchée de Combles, portion située dans le bois de Leuze et y sont également arrêtés.

Le 25 septembre, il est désormais décidé de faire la jonction au dernier point de la tranchée de Combles et de la voie de chemin de fer.

Le 26 septembre, tôt le matin, des pelotons sont envoyés en reconnaissance et se battent à la grenade ; parmi ceux-ci, on retrouve celui du sous-lieutenant Fumery !

Pendant ce temps, le 2e bataillon traverse le village et retrouve les éléments du 110e !

Voici les nouvelles positions :

Le 1er bataillon se trouve à la carrière et le 2e dans le village et à l’est.

Combles est occupé !


Vous trouverez ci-dessous un plan de Combles et un portrait de Pierre Fumery.

combles_26_9_16_b

fumery_73e

 

 

Posté par saint_omer 8ri à 15:25 - 7g - 1916 - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 septembre 2009

La bataille de la Somme

La bataille de la Somme.


C’est le 3 septembre que le 73e reçoit l’ordre de se porter immédiatement « par paquets » à l’ouest de Maricourt.

Les allemands sont bien organisés dans la défense de Combles :

combles_allemand_b

 

Nous voici le 4 septembre 1916… dès le soir, le 73e quitte Maricourt, le 1er bataillon relève le 6e du 201e RI au bois proche de Maricourt, le 2e relève le 5e du 201e au bois de l’Angle (liaison avec l’armée anglaise) tandis que le 3e relève le 2e du 127 au bois Louage.

Le 5 septembre, les positions changent et le 2e bataillon est en 1ère ligne, le 3e bataillon est en 2e ligne avec 1 compagnie du 1er bataillon, les autres compagnies étant placées en réserve avec le 3e bataillon du 110e RI… le capitaine Billiet est tué.

Le PC du colonel se trouve au bois du Quesne.

Le 6 septembre, le 1er bataillon est en 1ère ligne entre la ferme Faffemont (1ère et 3e cies) et le bois Louage (2e cie). Le 2e bataillon doit attaquer au sud de Combles, l’un de ses objectifs étant de parvenir à la lisière nord du bois Louage. Quant au 3e bataillon, il reste en soutien en cas de nécessité.

73e_6_9_16

Le PC du colonel se trouve alors au point 325 près de la tranchée des Fous !

A 17h, l’attaque est déclenchée, le chef de bataillon Paul Matter entraîne ses hommes lorsqu’ils sont vivement mitraillés. L’avancée est stoppée, les pertes sont nombreuses.

En début de soirée, les allemands effectuent un tir de barrage puis contre-attaquent au bois Louage et échouent.

Le 7 septembre, le 3e bataillon se place à la droite du 2e qui ne bouge pas, il en est de même pour le 1er. C’est alors le 3e du 110e RI qui se place en réserve.

Le 8 septembre, le lieutenant-colonel Truffert reçoit le général anglais qui commande la brigade écossaise à gauche du 73e. Celui-ci lui indique que des compagnies vont attaquer le bois de Leuze à la grenade de façon à progresser vers le nord de Combles.

Ces attaques se déroulent le lendemain soir, les allemands effectuent des tirs de barrage, le 1er bataillon est sous les obus au chlore…

Le 10 septembre, le dépôt de munitions saute alors que les relèves commencent comme suit : le 2e bataillon du 110e remplace le 3e du 73e (1ère ligne), le 1er bataillon du 110e remplace le 2e du 73e. Le 1er bataillon reste sur les positions.

Le capitaine de Tonnac Villeneuve, blessé le 5, décède à l’ambulance des suites de ses blessures, il repose à Etinehem.

De_Tonnac_Villeneuve_capitaine_73e

 

Le 12 septembre, l’attaque est reprise, le 73e se trouve désormais derrière le 110e.

Voici les positions des bataillons : le 1er reste à gauche en liaison avec les anglais, le 2e est en réserve, le 3e se trouve derrière le 110e.

Soudain l’artillerie lourde allemande tire et détruit Combles…

 

 

 

Posté par saint_omer 8ri à 16:46 - 7g - 1916 - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 septembre 2009

Pintheville 24 décembre 1915

Pintheville 24 décembre 1915

Je vous propose aujourd’hui de faire un retour en arrière après avoir fait réception d’un document retranscrit ci-dessous.

Voici les hommes qui composaient la tranchée de 1ère ligne de la 23e compagnie du 273e RI devant la tranchée des vergers.

Ces hommes ont passé la nuit de Noël dehors…

Sergent Auger

Caporal Lamie

Leclercq Noel

Durif Jacques

Sauriat François

Ducrocq Lucien

Val François

Veneyrol Léonard

Mazière Louis

Marie Auguste

 

Sergent Félix

Sergent Clausier

Caporal Fardel

Vérité Lucien

Chambrier Auguste

Roger Lucien

Chancheil Louis

Dumont Eugène

Caporal Tartare

Caporal Beuvry

Dulot Frédéric

Lesieux Eugène

Lépine François

Tamoni Charles

Mériaux Alexandre

Sergent Baude

Caporal Beaussart

Laforce Auguste

Vaur Jean

Andrieux Jean

Delprouve Alfred

Vandenabeele Désiré

Fillettte Isidore

Caporal Lescure

Rioux Georges

Degrousillers Jules

Chesneau Almire

Dufour Léon

Cabaret Jules

Caporal Huguet

Desmeth Victor

Masclet Désiré

Coquelet Charles

Len Henri

 

 

 

 

 

Posté par saint_omer 8ri à 11:13 - Le 273e RI - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 août 2009

Vers la Somme

Vers la Somme

 

Après avoir cantonné près de Châtillon sur Marne, le 73e se dirige vers Poilly au nord de Ville en Tardenois. Il y reçoit des fusils mitrailleurs ainsi que des canons de 37.

Le 7 août, il embarque en gare de Muizon pour débarquer le lendemain à Saleux au sud d’Amiens.

Notons la présence de 3 trains d’Ecossais en attente et la mort d’un soldat du 110e, le train ayant été percuté par accident.

Les jours suivants se passent en exercices de tirs. Il n’y a pas d’eau dans les cantonnements, les voitures à eau se déplacent pour en chercher.

Les cantonnements  se trouvent à Ferrières, Bovelles et Guignemicourt.

Le 13 août, l’arrivée de l’artillerie lourde anglaise est très remarquée.

Après la revue du 15 août effectuée par le général Guilhaumat, les canons de 37 sont essayés le 17…

Le 20 août, c’est le général Duplessis qui vient à la popote.

Le 23 août, le lieutenant-colonel Truffert déjeune en compagnie du lieutenant-colonel Roubert et le 25, c’est le départ en camions en direction de Chipilly pour arriver au bois de Gressaire à l’ouest d’Etinehem.

Le secteur est animé par les bombardements, les avions, les ballons.

Le 29 août, le bois Billon près de Maricourt est reconnu par les officiers mais il fait mauvais temps, l’attaque prévue est repoussée….


canon_37_doc_b

 

Posté par saint_omer 8ri à 18:39 - 7g - 1916 - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 août 2009

Le commandant Schaepelynck

Le commandant Louis Schaepelynck.


Alors qu’il est étudiant à Lille, Louis Schaepelynck s’engage en octobre 1898 pour 3 ans et rejoint le 43e régiment d’infanterie.

Nommé sergent en 1902, il est sous-lieutenant de réserve en 1905 puis lieutenant de réserve en 1909.

Le 2 août 1914, Louis rejoint la 21e compagnie du 273e régiment d’infanterie de Béthune.

Vient le départ vers le front, celui de Dinant plus précisément à Bouvignes : la 21e, alors en réserve, entre en action, lorsque son capitaine est tué. Louis parvient à regrouper les éléments de sa compagnie.

Le repli s’annonce en direction de Voulpaix qu’il faut reprendre le 30 août 1914 ; le 6e bataillon arrive le premier, Louis est blessé sérieusement à la jambe droite et évacué.

Son retour s’effectue dans le secteur de la Pompelle près de Reims.

Le 22 décembre 1914, il reçoit une citation à l’ordre de la division marocaine dont voici le texte :

« A entraîné vigoureusement sa compagnie en avant pour occuper une position approchée de l’ennemi».

Le 25 décembre, il reçoit une citation collective à l’ordre du régiment.

Le 22 janvier 1915, il est nommé capitaine avant de rejoindre le secteur du Choléra où il se fait encore remarquer.

Le 22 avril, c’est le retour près de Sillery au bois des Zouaves où il reçoit une 3e citation (à l’ordre du régiment).

Après les combats d’Hébuterne et de Lihons, Louis se trouve près de la ferme Navarin le 6 octobre 1915.

Sa vaillance et son courage lui valent une citation à l’ordre du 6e corps d’armée du 24 octobre 1915 :

« S’est élancé à la tête de sa compagnie à l’assaut d’une position retranchée dont il s’est emparé ; l’a organisée et a repoussé pendant 3 jours les contre-attaques de l’ennemi, maintenant intégralement la position conquise ».

Les mois de décembre et de janvier 1916 se passent dans la Woëvre dans le secteur déjà meurtri de la Riaville et Pintheville.

Février 1916, c’est Verdun ! Louis se trouve sous le déluge près de Louvemont avant de rejoindre le fort de la Chaume où il prend le commandement des 19e et 23e compagnies formant la 3e compagnie du (seul) bataillon de marche.

Après une nouvelle organisation au printemps, il arrive le 7 juin près de Montdidier pour l’offensive de la Somme.

Le chef de bataillon Demay est tué le 18 juillet 1916 à Herleville, Louis prend alors le commandement du 6e bataillon avant d’être nommé chef de bataillon à titre temporaire le 6 août 1916.

Le 13 août 1916, il reçoit une 5e citation à l’ordre de la division en ces termes :

« A pris le commandement du bataillon à la veille d’une attaque, l’a commandé d’une façon remarquable et par une manœuvre habile, a tourné et a fait tomber les positions ennemies qu’un tir de barrage extrêmement violent l’empêchait d’assaillir de front ».

Le 10 octobre, il est en ligne à Chaulnes où son bataillon, le 6e, atteint ses objectifs !

Cette clarté d’esprit lui vaut une 6e citation à l’ordre du 10e corps d’armée :

« A parfaitement dirigé l’attaque de plusieurs lignes allemandes successives le 1 0octobre 1916. A su prendre rapidement les mesures nécessaires pour assurer la conservation du terrain conquis ».

Après une période d’instruction passée à la Courtine, il revient au printemps 1917 dans le secteur du Moulin Rouge près d’Oulches.

Vient l’offensive du 16 avril 1917 passée sur les pentes du plateau de Vauclerc avant une période de repos bien méritée.

Le 4 juillet 1917, il est à Bergues et rejoint le secteur belge de Bixchoote.

Le 14 octobre, il est nommé chef de bataillon à titre définitif.

Le 27 octobre, il doit attaquer à Luighem, ce qu’il fait d’ailleurs dès 11h45.

A 17h15, il a atteint tous ses objectifs !

Une citation collective à l’ordre de la 1ère armée vient le récompenser pour la 7e fois, en voici le texte :

« 6e bataillon du 273e RI : le 27 octobre 1917, sous les ordres du commandant Schaepelynck, gagne à travers un terrain inondé où les hommes enfoncent jusqu’à la ceinture et malgré un violent bombardement ennemi, les emplacements d’attaque qui lui sont assignés. Au moment fixé, s’élance résolument à l’attaque d’une position garnie de plusieurs lignes de défense successives et d’abris bétonnés encore intacts qu’il conquiert en quelques heures capturant des prisonniers et un abondant matériel ».

Vient alors une période de repos et un embarquement de Marck près de Calais pour une arrivée à Lillers.

Mars 1918, retour à Craonne puis départ en mai pour rejoindre le secteur de Vierzy - Dommiers.

Le 1er juin, le 6e bataillon est très éprouvé, Louis doit alors diriger le centre de Vertefeuille, le combat est très rude, l’ennemi s’infiltre de tous côtés.

Il décide alors de tenir coûte que coûte sous le bombardement lorsqu’il est fait prisonnier dans la ferme !

Malgré l’arrivée des tanks, il est trop tard et c’est le départ pour la captivité jusqu’à Rastatt.

De retour le 15 janvier 1919, il est démobilisé le mois suivant.

Le 4 janvier 1929, il est promu au grade de lieutenant-colonel avant de décéder courant août.

Ce parcours de guerre est exceptionnel de chance, de clairvoyance et d’audace.

Décorations : chevalier et officier de la légion d’honneur, croix de guerre avec 1 palme, 2 étoiles de bronze, 2 étoiles d’argent et 2 étoiles vermeil !

Je remercie Chantal, sa petite-fille, qui, admirative devant son grand-père, m’a permis de faire cet article.

Un hommage à la mémoire du chef de bataillon Shaepelynck lui sera rendu tout prochainement sur sa tombe...


Louis_schaep

 

 

corps_armee_copie


 

 

 

 

 

 

 

 

Posté par saint_omer 8ri à 16:42 - Mémoires de Poilus - Rétroliens [0] - Permalien [#]



Page suivante »